COOPERACTIF mai/juin 2020

imagesDans un manifeste intitulé Le monde d’après, et si le monde d’après existait déjà dans le monde d’aujourd’hui ? la Confédération générale des Scop (sociétés coopératives participatives), décrit une entreprise qui pérenniserait des emplois, appartiendrait majoritairement à ses salariés. Ils participeraient à la stratégie de l’entreprise, « la réussite n’y serait pas individuelle mais collective, les bénéfices y seraient partagés équitablement entre tous les salariés ». Ce numéro dé-confiné de Coopéractif, la lettre info de la commission Economie Sociale et Solidaire du PCF, de mai juin 2020 , fait la part belle à cette ancienne et pourtant trop méconnue façon d’entreprendre et de considérer le travail , mais aussi comme façon de lutter et de résister. Vous pouvez le télécharger sur notre site , ici Coopéractif 05-06-2020-2et nous faire part de vos commentaires.

François Bernard

un nouvel Appel pour des jours heureux ?

Une tribune de Claude Alphandéry
A 97 ans, ce résistant de toujours nous dit comment ce qu’il a appris pendant la guerre peut être utile pour penser l’après pandémie.

Au printemps 1943, trois ans après l’invasion de la France et la capitulation vichyste, les Alliés remportaient certes d’éclatantes victoires ; dans notre pays, des résistants s’élevaient contre l’envahisseur ; mais les forces nazies restaient redoutables. Une oppression féroce nous terrassait telle un virus étouffant. Et pourtant, quelques mois plus tard, à l’automne 1943, bien avant le débarquement libérateur, nous recommencions à vivre, à retrouver notre souffle, grâce aux armées alliées bien sûr, par nous-mêmes surtout. Parce que le peuple asservi de ce pays meurtri prenait depuis ses maquis un élan irrésistible pour briser ses chaînes et dans le même mouvement construire un monde nouveau pour l’après-guerre.
Je voudrais comparer ces jours de guerre à notre époque, tirer du retournement inouï qui nous a dégagés de l’asservissement et projetés vers l’avenir un enseignement qui nous aide à sortir de l’oppression physique et morale ressentie sous la pandémie, et simultanément à trouver les voies nouvelles d’un avenir respectueux du vivant. Comparaison peut-être hasardeuse, mais que je vis intensément.

Nous ne sommes pas, à proprement parler, dans une guerre contre un ennemi violent, barbare, visible, déclaré. Nous avons à nous défendre contre les effets invisibles (le virus) ou plus ou moins éloignés (le désastre écologique) ou sournois (les manipulations financières ou numériques) de crises économique, écologique, financière, sociale et aujourd’hui sanitaire entremêlées, que nos propres dirigeants dans leur obsession du profit financier ont engendrées. Mais, dans l’une et l’autre circonstance, nous avons à apprendre des années de Résistance comment l’état le plus sombre s’est transformé en un élan extraordinaire qui nous a conduit à la Libération.
Montée de la Résistance
Cet élan ne s’est pas produit dès 1940 ; la Résistance ne touchait alors qu’une faible partie de la population. En 1943, lorsque Jean Moulin m’a confié la direction des mouvements de résistance de la Drôme, ils se déchiraient entre communistes et gaullistes, entre catholiques et protestants, etc. J’avais pour mission de les unir dans un comité départemental et d’organiser l’action commune.
Dès l’automne, dans la Drôme comme d’ailleurs dans les départements voisins, un comité départemental et quinze comités locaux de libération rassemblaient tous les mouvements ; leur entente qui galvanisait les énergies n’était pas sans rapport avec l’heureux déroulement extérieur de la guerre, elle tenait surtout au développement massif des maquis sous le coup du STO (Service de Travail Obligatoire en Allemagne), qui forçait des centaines de milliers de travailleurs à se cacher. L’organisation des maquis pour les accueillir, assurer leur ravitaillement, leur sécurisation devenait une tâche majeure et délicate et pour la réaliser, l’union de tous les résistants s’avérait nécessaire. Elle fut puissante jusqu’à la Libération.
Quant aux maquisards, la plupart n’étaient pas jusque-là des résistants actifs (de même que la masse des Français de maintenant ne sont pas au premier abord des citoyens militants) ; dépaysés, désoeuvrés pour la première fois, ils avaient, entre quelques coups de main contre l’ennemi, du temps pour réfléchir, pour échanger entre eux. C’était un peu comme le confinement, mais sans isolement physique. Ils avaient au contraire l’occasion de rencontres inhabituelles, ils apprenaient peu à peu à débattre.
J’avais fait appel pour les y aider aux dissidents de l’école d’Uriage qui pratiquaient dans le Vercors des méthodes innovantes de débat. Ils m’avaient délégué Simon Nora, futur conseiller de Mendès France, pour animer de formidables discussions sur la démocratie : quelles étaient les faiblesses, les errements de la IIIème République ? Pourquoi le Front populaire, après des avancées prometteuses, avait-il échoué ? Comment donner à tous accès à l’éducation, aux soins, etc. ?
Certains maquis devenaient ainsi des sortes de clubs de citoyens, où se forgeait l’opinion que les objectifs de la Résistance n’étaient pas seulement militaires, mais aussi civiques et politiques. Et je puis assurer que les débats de ces réfractaires sans grade, de ces réfuzniks ont eu une réelle influence sur les têtes pensantes du Conseil National de la Résistance. Celle-ci s’est poursuivie pendant les Trente glorieuses ; de grands artisans d’un New Deal économique tels que François Bloch-Lainé, Paul Delouvrier, Pierre Laroque, Simon Nora ont fait leurs armes dans les maquis. La Résistance n’a pas fondé un parti, mais son souffle a inspiré pendant trente ans les syndicats, les associations, les entreprises à vocation sociale, les collectivités… Ce souffle s’est après délité, l’économie financière prenant le dessus.
Apprendre d’hier pour agir demain
Cette irruption de mes souvenirs des maquis vient à la rencontre des crises qui s’entrelacent depuis la fin des années 70 et de la pandémie qui en est le dernier et cruel avatar. Comme pendant la guerre, notre pays connaît à côté de grandes souffrances de hauts lieux de résistance :
– Les hôpitaux où l’extrême urgence laisse peu de temps aux échanges contrairement aux maquis, mais où s’impose l’exigence de services publics plus soucieux des citoyens que des coûts financiers.
– Les expériences sociales et solidaires de lutte contre pénuries, exclusions, atteintes à l’environnement et simultanément de promotion de voies nouvelles (tiers-lieux, sociétés coopératives d’intérêt collectif, pôles de coopération, coopératives d’activité, etc.) où se forgent par l’innovation sociale une économie qui ne fonctionne plus comme avant.
Les analogies sont frappantes : de même que dans les maquis de la Libération, la lutte contre l’envahisseur était liée à une vision de la démocratie sociale (mais, il est vrai, sans souci écologique qui n’était pas encore à l’ordre du jour) ; de même les résistants d’aujourd’hui – qu’il s’agisse de médecins, soignants de tout ordre, artisans de la vie quotidienne ou citoyens-militants pour un monde plus soucieux de l’humain et de la nature – se battent à la fois contre les souffrances et pour la mue d’un système périmé.
Les crises, comme hier la guerre, ne doivent pas se dénouer par l’identique, mais faire naître l’exigence de valeurs et de pratiques profondément transformées, de modes de production, d’échanges, de gestion radicalement nouveaux. Les expériences de soins et celles d’économie solidaire en cours sont un avant-goût, une ébauche, une promesse de transformations que l’effondrement de la vie économique et sociale nous offre une possibilité de réaliser.
Ces transformations, dont la nécessité est évidente quand on voit l’impréparation des hôpitaux face au Covid-19 et plus généralement l’état des services publics, impliquent un changement de paradigme, une réorientation des activité
Un changement de paradigme
Encore faut-il bien identifier les activités que nous avons à abandonner et celles que nous souhaitons reprendre ou substituer. Les pouvoirs publics nous disent aujourd’hui quelles activités sont considérées comme essentielles de leur point de vue économique et doivent être poursuivies malgré l’épidémie et quelles autres doivent être suspendues. Il nous faut aborder ce problème sous un angle élargi, celui de la transition écologique et solidaire, seule sortie acceptable de la crise.
Et dans cette vision, quelles productions inutiles voire nuisibles faut-il écarter ? Quelles activités doit-on développer ou créer ou relocaliser ? Quels moyens pour former à de nouvelles technologies, et plus encore à de nouveaux comportements ? Ne faut-il pas réunir les crédits et indemnités promis face à la crise en un revenu universel, permettant à chacun de s’attacher à de nouvelles formes d’activités ? Comment d’une façon plus générale opérer les transferts nécessaires pour ces profondes transformations ?
Ces questions sont difficiles. La façon dont elles sont posées par de grandes associations dont la valeur et les perspectives sont explicitées par le second Manifeste convivialiste) est encourageante. Et les succès de l’économie sociale et solidaire sur le terrain montrent sa capacité à réaliser de grandes transformations dans ses modes de production par sa sensibilité aux besoins de proximité, par son respect de la nature, sa recherche d’équilibre, de juste prix. Mais beaucoup restent sceptiques : trop d’intérêts puissants ou de conflits personnels leur font penser que les difficultés sont insurmontables. Et une partie de l’opinion est sensible aux discours de l’extrême droite (ceux d’un Trump ou d’un Bolsonaro) qui privilégient leur clientèle économique à la santé de la nature et des humains.
Il faut donc convaincre. Et l’on peut le faire en rassemblant des initiatives remarquables mais fragmentées ; en mettant en lumière les bénéfices des solutions apportées, les coûts sociaux évités, l’avenir préservé ; en conjuguant les efforts dispersés, en nouant des liens entre les expériences, entre les territoires en France et en Europe ; en constituant progressivement à partir des ententes locales un vaste éco-système porteur de développement équitable et durable. En retrouvant enfin pour convaincre l’énergie, l’optimisme raisonné des maquis et le lien social que la Résistance a su créer. Pourquoi ne pas créer, entre tous les réseaux, un Conseil National de la Résistance qui lancerait un nouvel Appel pour des jours heureux ?un nouvel Appel pour des jours heureux ?
Claude Alphandéry, bio express
Né le 27 novembre 1922 à Paris, Claude Alphandéry est un résistant, ancien président du Comité Départemental de Libération de la Drôme, et Lieutenant-colonel FFI, il est président d’honneur du Labo-ESS et de France Active

Sauver le capitalisme ou changer d’économie ?

Ce texte est paru sur le site de Libération et sur médiapart (blog alicecoop) cette tribune est co-signée par 22 personnes ( voir en fin de texte) dont Sylvie Mayer , Janine Guespin et Benoît Borrits qui participent aux travaux de la commission ESS du PCF, n’hésitez pas à faire part de vos réflexions, d’autres actions (confinées) vont suivre, salut et adelphité

François Bernard

 

La pandémie de Covid-19 a mis à l’arrêt de nombreuses entreprises ce qui laisse anticiper une récession significative. Gouvernements et institutions financières internationales n’ont plus qu’un mot d’ordre : sauver l’économie ! Mais de quelle économie parle-t-on ?

La politique d’Emmanuel Macron et des institutions financières internationales vise à sauver le capitalisme

Le gouvernement souhaite-t-il réellement aider les entreprises, qui vont rencontrer de grandes difficultés économiques au cours des mois prochains, ou veut-il simplement sauver le patrimoine des actionnaires ? Pour ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé, il ne s’agit pas de sauver les entreprises ou d’accompagner les entrepreneurs mais de protéger les logiques financières qui ont conduit ces dernières années à dévaloriser le travail en le traitant comme un coût qu’il faut sans cesse réduire. Contrairement à une idée reçue, la référence n’est plus « l’entreprise » dans laquelle les collectifs de travail produisent les biens et/ou les services, mais la « société de capitaux », entité juridique derrière laquelle opèrent les actionnaires et les propriétaires des actions.

Ainsi, c’est le collectif de travail qui constitue l’entreprise. Sa finalité n’est pas de faire du profit mais de produire et vendre des biens et des services, de réaliser une valeur ajoutée. La société de capitaux est l’expression juridique la plus répandue de l’entreprise dans laquelle les actionnaires captent, sous forme de profit, une partie de la valeur ajoutée, ce qui n’est pas le cas chez les artisans et dans les Scop. Salaires et cotisations sociales sont un dû, et lorsque les actionnaires ne peuvent les honorer, le pouvoir doit revenir aux salarié.es pour la sauvegarde de l’entreprise.

C’est ce que l’État veut à tout prix éviter. Or ce n’est pas à l’État, c’est-à-dire aux citoyen.nes et contribuables, de se substituer aux sociétés dans le paiement des salaires et des cotisations sociales. En faisant cela, l’État épargne les sociétés qui, comme Amazon, profitent de la crise du moment. En période de baisse de la production, les salaires et cotisations sociales doivent être assurés collectivement par l’ensemble des entreprises et si elles ne le peuvent pas, les salarié.es doivent prendre le contrôle de celles-ci. L’intervention de l’État n’a pour objectif que de sauver le capitalisme et nullement l’économie réelle.

Ce sauvetage est contradictoire avec les aspirations sociales et écologiques des populations

Cette pandémie est aussi l’occasion de découvrir l’évidence. La chute de la production en Chine a provoqué une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 25 % sur les deux premiers mois de l’année. Les Vénitiens sont stupéfaits de revoir des poissons dans des eaux devenues subitement claires. L’air est désormais moins asphyxiant dans nos villes.

Beaucoup se mettent à espérer que la sortie de la pandémie soit l’occasion de repenser nos modes de production et de vie, de conjurer le péril écologique qui menace notre humanité. D’autant que moins de production signifie plus de temps libre, plus de temps pour soi. Et si nous éliminions les productions inutiles ? Et si nous arrêtions les stratégies d’obsolescence programmée des entreprises ? Et si, plutôt que de recycler les emballages, source de nouvelles pollutions, nous nous engagions dans une démarche de zéro-déchets ? Et si, en ayant considérablement baissé le transport des marchandises, nous changions nos modes de transport individuels pour privilégier le rail au détriment de l’avion et de la voiture ? Ceci suppose de revenir sur les plans de privatisation du rail. Et si nous arrêtions de considérer le non-marchand comme une « charge » qui pèse sur la compétitivité des sociétés de capitaux, afin de disposer d’une santé publique à la hauteur d’une société humaine et digne ?

Tout ceci est possible et nécessite des débats citoyens ainsi que des plans massifs de reconversion professionnelle dans une logique qui ne laisse plus personne en situation d’exclusion économique. Ceci implique de reconnaître enfin les qualifications des individus. Mais cette nouvelle manière de voir est contradictoire avec le plan de relance qui est annoncé dont l’unique objectif est de redonner de la valeur aux sociétés de capitaux.

Le principe de démocratie doit prévaloir dans toute la société, y compris dans la sphère de l’économie

La sauvegarde de l’économie productive de biens et de services passe par la reprise en mains des entreprises par les salarié.es et le pouvoir donné aux usagers de déterminer ce qu’il faut produire. Nous ne pouvons plus laisser les forces du marché déterminer les investissements et les citoyen.nes doivent pouvoir déterminer les grandes orientations de l’économie par un système financier socialisé géré par elles et eux, comme l’a été le régime général de sécurité sociale de 1947 à 1967. L’exercice commun d’une telle démocratie économique suppose que nos vies soient libérées de l’aléa de marchés sur lesquels nous n’avons guère de prise.

Alors que notre humanité est aujourd’hui à un tournant qui lui permet de sauver son existence, une partie de la gauche et de l’écologie politique reste silencieuse sur cette opportunité qui porte en elle ses aspirations : la sauvegarde de l’environnement et la disparition de l’exploitation du travail et de l’aliénation marchande.

Demander à l’État de payer pour « sauver l’économie », c’est tomber dans un piège. Comme en 2008, l’État va soutenir les sociétés de capitaux engagées dans une course effrénée à la valorisation. Une fois celles-ci renflouées par l’argent public, les affaires reprendront de plus belle selon la logique capitaliste d’austérité pour les travailleur.ses, de casse des services publics et de fuite en avant dans une croissance indifférente aux besoins sociaux et écologiques.

Les mesures décidées par Emmanuel Macron sont destinées à sauver les sociétés de capitaux. Il faut s’y opposer. Nous avons aujourd’hui une occasion unique de changer notre façon de vivre et de réorienter toute l’économie en fonction des impératifs de la transition écologique. Il faut sauver l’économie de la faillite du capitalisme, et non sauver l’économie capitaliste de la faillite.

Signataires : Tony Andréani philosophe ; Daniel Bachet sociologue ; Ludivine Bantigny historienne ; Benoît Borrits essayiste ; Clément Caudron ingénieur ; Thomas Coutrot économiste ; Alexis Cukier philosophe ; Pierre Dardot philosophe ; Nicolas Dessaux archéologue ; Emmanuel Dockès juriste ; Bernard Friot sociologue et économiste ; Janine Guespin professeure honoraire ; Sylvie Larue enseignante ; Christian Laval sociologue ; Mathilde Larrère historienne ; Gaëlle Maillard syndicaliste ; Sylvie Mayer parlementaire européenne (1979-1994) ; François Morin économiste ; Christine Poupin syndicaliste ; Jacques Richard expert-comptable ; Jean Sève historien, Jean-Michel Toulouse ancien directeur d’hôpital ; Pierre Zarka ancien directeur de l’Humanité.

 

Changer la propriété pour dépasser le capitalisme 

Le 17 décembre 2019, l’Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales (APSES) a organisé un débat sur le thème « Changer la propriété pour dépasser le capitalisme ».

à partir des deux livres et leurs auteurs  :

Capital et idéologie, de Thomas Piketty, Seuil, 2019

Benoît Borrits, Au-delà de la propriété, Pour une économie des communs, La Découverte, 2018

Ce débat était animé par Guillaume Duval, éditorialiste à Alternatives Economiques.

 

Voir la video

 #FSMET_2020       25 au 28 juin 2020, Barcelone

 #FSMET_2020
      25 au 28 juin 2020, Barcelone
Appel à manifestation jusqu’au 15 avril!
Inscriptions ouvertes!
Plus qu’un événement, c’est un processus de convergence international alimenté par des acteurs et mouvements  qui sont au cœur de la transition sociale  et écologique. D’ores et déjà les inscriptions sont ouvertes!
Cette mobilisation souhaite mettre en visibilité les expériences fécondes autour des Economies transformatives (Economies féministes, Agro-écologie et souveraineté alimentaire, Communs, ESS et en transversal les politiques publiques, l’éducation et  la recherche, les droits humains et sociaux).
Le FSMET aura pour finalité de construire un agenda global et inclusif d’actions et de politiques transformatrices pour changer l’économie.

D’ores et déjà, 300 organisations se sont mobilisées: réseaux ESS, mouvements environnementaux et écologiques, mouvements paysans, défenseurs des droits humains, syndicats, mouvements féministes, mouvements du monde de l’éducation, de la jeunesse, collectivités locales, monde la recherche et bien d’autres…
Pourquoi pas  une Délégation PCF groupe ESS_FSMET2020, composée de membres de la commission   et de toute structure, personnes et collectivités qui souhaiteraient enrichir les contenus et propositions d’interventions au cours de cette rencontre. Rejoignez-nous!

Visitez le site  https://join.transformadora.org/?q=fr
N’hésitez pas à nous contacter par mail ou par téléphone pour toute proposition! 

Plus d’informations ici!

L’ESS et les communistes

Dans l’éditorial de coopér’actif (la revue du groupe ESS du PCF)  de février 2019, Caroline Besse écrivait “. ..En tant que communistes et militant-e-s de l’ESS, nous savons que ses principes et valeurs en font un chemin privilégié vers le dépassement du capitalisme…”

De quoi s’agit-il plus précisément ? Nous savons que le dépassement du capitalisme ce ne sera ni « le grand soir », ni la seule prise du pouvoir par les urnes. Ce sera un changement profond de société qui devra d’abord s’appuyer sur ce qui existe déjà de façon plus ou moins ébauchée (qu’on nomme souvent le communisme déjà là), tout en le développant et en créant du nouveau.

L’ESS fait partie de ces ébauches de société communiste par les valeurs émancipatrices sur lesquelles elle repose. Parmi celles-ci, deux sont fondamentales du point de vue de l’alternative au capitalisme.

D’une part, elle privilégie la valeur d’usage sur la valeur marchande, à la fois dans ses buts -notamment au niveau des association de solidarité, dans le recours aux bénévoles, et dans la non lucrativité (ou lucrativité limitée). Les coopératives ne permettent pas de bénéfice sur les parts sociales, et obligent à mutualiser sous forme de fonds propres une partie de bénéfices.

D’autre part, elle définit un mode de gestion démocratique pour les entreprises (coopératives notamment) avec le fameux slogan issu des statuts « une personne une voix » permettant aux salariés coopérateurs d’avoir le pouvoir dans la gestion et les objectifs de l’entreprise. Évidemment, il s ‘agit là de possibles qui font donc l’objet d’une très forte lutte idéologique dont l’issue est déterminante pour faire ou pas de l’ESS du communisme déjà là. Sans compter qu’il manque encore des notions importantes pour faire de l’ESS une véritable alternative au capitalisme, notamment la remise en question de la subordination dans le cadre de l’entreprise.Il y a là un champ d’action important pour les communistes.

Les forces libérales de leur côté, ont pris conscience du danger que représente l’ESS, et mettent en place des moyens importants pour la transformer en se débarrassant précisément de ces deux aspects émancipateurs. La loi Hamon de 2014 avait déjà ouvert la brèche en introduisant la possibilité pour certaines entreprises à but lucratif de se parer du label ESS. Avec la notion d’entrepreneuriat social, de french impact, le gouvernement Macron cherche à faire disparaître l’idée de démocratie, comme de non-lucrativité au profit de celle de « mission ». Pire encore peut être, le remplacement par des appels d’offres, des subventions qui permettaient à de nombreuses associations de solidarité de vivre, remet en avant la valeur marchande et la compétition, au détriment de la valeur d’usage. Les associations devenant concurrentes pour ces missions qui sont évaluées en fonction des critères marchands des bailleurs de fonds.

Les valeurs émancipatrices sont certes loin d’être toujours mises en œuvre dans les structures de l’ESS. Les banques dites coopératives, voire certaines mutuelles, fonctionnent avec les mêmes « valeurs » que les banques capitalistes, et mettent en pratique un simulacre de démocratie. Mais cela ne doit pas masquer le fait que de multiples structures de l’ESS réussissent à mettre en œuvre ces valeurs. Certaines coopératives, parviennent à un degré important d’autogestion, la forme la plus élaborée de démocratie à l’entreprise. Dans de nombreuses structures de l’ESS, un fonctionnement écoresponsable, souvent à ancrage territorial, fait jouer à la valeur d’usage un rôle important, même si, évidemment, ces coopératives restent soumises à la « loi du marché ». On a beaucoup parlé de la Scop Ti issue de la lutte des Fralibs, mais il y en a beaucoup d’autres de plus ou moins grande taille, créées de novo ou reprises à partir entreprises capitalistes. Favoriser, partout où c’est possible l’implantation de telles structures, aider au développement de pratiques cohérentes avec les valeurs ou en empêcher la perte par la routine, sont des tâches que des municipalités communistes peuvent réaliser avec succès. Mais faire connaître et reconnaître ces valeurs dans les structures de l’ESS qui s’en sont détournées, peut devenir une tâche des communistes usagers de ces structures. Enfin faire connaître hors de l’ESS les valeurs de celle-ci et les multiples cas où elles irriguent les pratiques avec succès peut faire l’objet des préoccupation de tous les communistes. Cela permet de montrer qu’une alternative au capitalisme est non seulement souhaitable, mais qu’elle est possible dès maintenant, malgré les fortes contraintes de notre société capitaliste.

La commission ESS du PCF a entrepris un travail pour dégager une conception communiste de l’ESS qui devrait donner lieu à un manifeste aidant les communistes dans ces tâches à court terme, tout en faisant des propositions à moyen terme pour une amélioration de la mise en œuvre du communisme déjà là.

Janine Guespin et Sylvie Mayer

LE QUOTIDIEN L’HUMANITE et l’Economie Sociale et Solidaire

village ess huma

Le 26 décembre dernier, le délibéré du jugement du tribunal de commerce de Bobigny a confirmé les bons résultats obtenus par le groupe L’Humanité et accepté en conséquence le plan de continuation présenté par la direction du journal. C’est un immense soulagement.

Le tribunal a déclaré la sortie de L’Humanité de la période d’observation et de redressement entamée le 7 février dernier et a accepté le plan de continuation de la société et de l’ensemble de ses activités.
Désormais L’Humanité sort donc de la mauvaise passe dans laquelle elle se trouvait et affronte l’avenir dans des conditions nouvelles. Cela ne veut pas dire qu’il faut relâcher les efforts.

Tous ceux qui sont attachés à l’avenir de l’Economie sociale et solidaire savent que depuis plusieurs années, le journal a consacré un encart de 4 pages mensuelles à l’économie sociale et solidaire, avec des témoignages, des reportages, des éclairages qui ont conduit à faire de l’Huma un partenaire du mois de l’ESS, cette rubrique est réalisée par Stephane Guerard et l’Humanité est le seul quotidien a publier une rubrique comme celle la. Un numéro spécial de l’Huma dimanche est consacré désormais chaque année en novembre au mois de l’ESS, nous animons avec lui de nombreux débats dans le village de l’Economie Sociale et solidaire à la fête de l’Humanité

Vous pouvez trouver sur notre site les anciens encarts de l’Humanité sur l’ESS, généralement tournés vers une thématique. https://ess-pcf.fr/lhumanite-supplement-ess/
Celui de ce mois est consacré à «Territoires zéro chômeur», une expérience en attente d’un avenir.

Nous vous engageons à soutenir l’Humanité comme il soutient l’ESS.

le dernier encart ESS du 7 janvier 2020 dans l’Humanité : Cliquez ici pour ouvrir l’article 20200107_01ess

Communiqué du Mouvement national des AMAP

Rencontre nationale du Mouvement des AMAP – (7), 8 et 9 février 2020 à Chaussy (95)

Le Miramap et le réseau des AMAP d’IDF vous invitent à la Bergerie de Villarceaux, à Chaussy (95).

Au programme de cette grande rencontre :
- Lancement du Projet Stratégique 2020-2025, ateliers participatifs,
- et célébration des 10 ans du Miramap !

Vous trouverez ci-dessous le pré-programme et voici le formulaire d’inscription à remplir pour le 16 janvier 2020.

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