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L’ESS en régions

Entretien entre Sylvie Mayer et Hugo Vandamme: L‘ESS et les conseils régionaux : Il est temps de changer de modèle, et que l’ESS devienne une priorité des régions.

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Débat 04/11/2020 Vidéos des interventions

Nicole Alix

Dans la période actuelle caractérisée par une extrême incertitude, ceux qui se préoccupent d’ ESS et de communs, essayent de trouver des voies non pré-écrites. Et pour cela il est indispensable de communiquer dans un contexte de confiance.
Pourquoi avoir créé la coop des communs ? Pour réaliser une fertilisation croisée entre deux histoires complexes, où les acteurs tâtonnent pour trouver des solutions, celle des communs et celle de l’ESS. Se nourrir des succès et apprendre des échecs dans une entreprise semée d’embûches par le capitalisme.
Comment travaille la coop des communs ? Dans notre définition, les communs n’existent jamais « en soi ». Il faut associer une ressource, un faisceau de droits (déconstruction des droits de propriété exclusive) et un dispositif de gouvernance. La coop des communs travaille le rapport théorie /pratique de façon très pluraliste, « en milieu incertain », sous forme de plusieurs groupes de travail thématiques
Qu’est-ce qu’on peut faire ensemble ? Beaucoup. Je crois aux modèles en compétition. Il est insupportable que dès que des initiatives citoyennes atteignent une dimension économique, on la leur enlève. Il manque une théorie de l’ESS et un rapport théorie pratique ce dont le Manifeste devrait se saisir d’avantage. Et il faut aussi impérativement se préoccuper des outils de gestion pour que les modèles auxquels nous aspirons ne soient pas systématiquement repris par le modèle capitaliste.

Jean-Claude Boual

Il s’agit pour lui de pointer certaines faiblesses du Manifeste et d ‘ouvrir de nouvelles pistes.
– il regrette que le Manifeste ne se préoccupe pas suffisamment des associations qui représentent l’essentiel de l’ESS, sans toutefois indiquer en quoi il les voit comme levier pour dépasser le capitalisme.
Il constate que, si toutes les initiatives décrites dans le Manifeste (comme dans un ouvrage du CAC) sont porteuses d’espoir elles sont éparpillées, parfois fragiles et ne font pas système politique. Le Manifeste ouvre la question politique,(qui a aussi concerné le CAC) mais celle-ci mériterait d’être creusée.
– Il insiste sur le danger des capacités de récupération du capitalisme. Pour lui, l’offensive actuelle (French Impact etc.) ne vient pas d’une peur des aspects émancipateurs, mais d’une volonté de mettre l’ESS au service de la rentabilité et du profit, par l’entrepreneuriat social et même en utilisant le travail bénévole gratuit pour marchandiser la pauvreté et le social. Il craint que le rapport de forces, y compris au sein de l’ESS ne soit pas du côté de l’émancipation , et souhaite que ces questions soient approfondies.
– Enfin, il pointe l’aspect uniquement hexagonal du Manifeste, alors que, et nous ne pouvons que lui donner raison, les questions ont une dimension mondiale évidente.

Jean Louis Cabrespine

Alain Coheur

Fanélie Carrey Conte

Fanélie inscrit son intervention dans le cadre du débat lancé dans le chapitre IV du manifeste, sur services publics, communs, et coopératives. Elle s’appuie sur l ‘exemple du réseau des sociétés coopératives d’intérêt collectif Enercoop. Enercoop s’est créé en 2005, lors de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité, sur la base de plusieurs visions, le développement des énergies alternatives, mais aussi, et c’est en cela qu’elle rejoint les préoccupations du Manifeste, la démocratie citoyenne en matière d’énergie et la notion, complémentaire, que l’énergie doit être un bien commun préservé des logiques de rentabilité, ce qu’EDF, devenue une structure non démocratique et non citoyenne ne peut plus faire. Ceci implique donc un autre modèle économique qu’Enercoop met en œuvre avec partage de la valeur et gouvernance partagée, grâce au statut de SCIC.
La SCIC est à la fois un modèle économique et une gouvernance démocratique permettant de mettre les citoyens à même d’avoir leur mot à dire sur la politique énergétique. Ainsi, parmi les 300 producteurs d’énergie partenaires d’Enercoop, beaucoup sont des collectivités territoriales ou des citoyens associés sous forme de coopératives qui promeuvent la notion d’énergie citoyenne . Pour autant, Enercoop ne se considère pas comme opposée à la puissance publique. A travers l’idée de commun, elle cherche à renouveler la notion de service public en collaborant le plus possible avec les structures publiques comme les collectivités territoriales grâce notamment au statut de SCIC qui permet à celles-ci de s’intégrer dans Enercoop, (une soixantaine, de la région à la commune, sont sociétaires de ce réseau). L’interaction entre services publics et coopératives est donc possible avec l’enjeu de revitaliser le service public par plus de démocratie. Les conditions de réussite de ces partenariats étant la démocratie citoyenne ce qui, concernant l’énergie, devra aussi porter sur la vision stratégique.

Timothée Duverger

Anne Laure Federici

Jean Gatel

Il est satisfait du Manifeste car il est important que les partis politiques donnent leur conception et leurs espoirs pour l’ESS. Nous entrons dans une période grave, nous sommes sur un volcan : il n’y aura pas de vaccin contre le dérèglement climatique, la perte de la biodiversité ou encore les pénuries d’eau potable. Il faut donc d’urgence une réflexion fondamentale pour s’opposer à la crise capitaliste et néolibérale, à la crise de la démocratie.
Jean Gatel constate des similitudes troublantes entre le Manifeste et son livre récemment sorti « Un nouveau modèle de développement, L’économie sociale et solidaire ». Dans ce livre il raconte l’histoire de la prise en compte de l’ESS par le gouvernement de François Mitterrand avec la création du premier secrétariat d’État à l’ESS rattaché directement au 1er ministre et non à Bercy face au besoin de recomposition économique de territoires sinistrés. Ce fut une période de réparation, y compris de l’Économie sociale et solidaire. Les 3 gouvernements de gauche ont permis des progrès de l’ESS jusqu’à la création d’un ministère de l’ESS et l’élaboration de la loi ESS de 2014. Une loi positive mais qui comporte des dangers comme celui de l’entreprenariat social.
Jean Gatel se dit opposé au « social business » et fustige le groupe SOS. L’actuel secrétariat d’État ne peut pas faire grand-chose face à l’ultra libéralisme.
Son livre aborde la question de l’ESS au niveau international, avec notamment le Maghreb et l’Afrique subsaharienne et il pense que la France pourrait y jouer un rôle pour le développement de l’ESS.
Il revient sur l’impasse majeure dans laquelle s’engouffre le capitalisme. Cela pourrait mener à un développement autoritaire ou bien à un autre modèle basé sur l ‘ESS, non comme économie de la réparation valsiste ou macroniste, mais comme ESS de transformation qui conduise à une véritable alternative : consommer, produire, échanger autrement.
Il trouve les propositions du Manifeste intéressantes, notamment le projet de proposition de loi « entreprises de territoire », la conception des biens communs .
Il conclut par cette phrase de Gramsci : « opposer au pessimisme de l’intelligence l’optimisme de la volonté ».

Benoit Hamon

Benoit Hamon se réjouit que le PCF s’intéresse à l’ESS qui n’est pas portée par tous les partis politiques. Il est important d’avoir une stratégie pour l’ESS.
La loi de 2014 voulait permettre un changement d’échelle mais il n’y a pas eu de continuité politique. L’ESS revendique la citoyenneté économique et tente de l’approcher par ses structures Scoop, SCIC, CAE
Le cas des Mutuelles est plus problématique du fait de l’ANI (Accord national interprofessionnel) et de la suppression du choix pour le salarié.
Il est important d’avoir une stratégie pour la place de l’ESS dans l’éducation comme le note le chapitre du Manifeste sur l’éducation. L’entreprenariat est décrit par l’Éducation Nationale comme « fonder un entreprise et la revendre pour faire de l’argent ».
L’ESS doit proposer un référentiel de citoyenneté économique et de gouvernance démocratique. L’Ess c’est la redistribution de la richesse créée, par le partage du résultat. C’est le pouvoir des salariés.
Sur l’absence du « droit de préemption pour les salariés lors de la vente de l’entreprise » dans la loi de 2014 : Benoit Hamon pense qu’il faudra d’abord changer la constitution car le droit de propriété et la liberté de commerce pèsent énormément dans le droit français. La préemption lors de la vente c’est inconstitutionnel. Même le droit à l’information pour les salariés lors d’une vente d’entreprise, a été supprimé par Emmanuel Macron alors Ministre de l’économie.

Julien Mast

L’ESS ce n’est pas seulement le vivre ensemble, c’est le faire ensemble.
Julien Mast, qui retrouve dans notre manifeste l’essence de sa vision de l’ESS (en particulier le lien avec les territoires), ainsi que les obstacles qui pèsent sur elle, indique des pistes où la réflexion et l’action pour le développement de l’ESS pourrait se poursuivre du côté de l’ enseignement et de la formation continue.
L’Éducation Nationale formate de futurs salariés compétents dans le modèle dominant, au lieu de former des citoyens capables de s’émanciper, c’est à dire de trouver leur place dans la cité. Lutter pour changer le référentiel de l’EN, « le socle de connaissances et de compétences », et enseigner à coopérer, c’est fondamental pour le développement de l’ESS, (Travailler au sein d’une SCIC, Société Coopérative d’Intérêt Collectif ce n’est pas facile, il y faut une formation à la coopération). Quant à la formation continue c’est aujourd’hui le principe même pour faire perdurer une économie dominante. Il propose la constitution d’une SCIC de formation continue avec suffisamment de visibilité pour présenter une véritable alternative à l’offre actuelle.
Enfin dans le cadre d’une relation renouvelée entre le citoyen et l’état, il propose de réfléchir au travail lui-même et propose un tiers temps où les citoyen.ne.s pourraient se familiariser aux principes de l’ESS. Le maître mot est la citoyenneté active.

Jérôme Saddier

Julie Schwartz

Dernière intervenante de la soirée, Julie Schwartz a voulu nous faire partager son optimisme et son enthousiasme tout à la fois, sur l’ESS, le Manifeste et la soirée elle même qui démontre une ouverture de la part du PCF dont elle se félicite.
Du Manifeste, dont elle partage l’essentiel des idées, elle retient en particulier la coopération, l’éducation à la citoyenneté et l’égalité hommes/ femmes.
La Coopération qui est une valeur clef d’une ESS dont elle voit qu’elle a le vent en poupe, qu’elle gagne du terrain et qu’elle rend possible des expériences formidables grâce à un entrepreneuriat qui peut devenir une arme redoutable de citoyenneté économique. Une coopération qu’elle voudrait aussi voir s’étendre au champ politique, à la place des luttes d’égos, notamment en vue de l’échéance de 2022.
Quant aux femmes, elle déplore qu’elles soient trop souvent négligées en dépit du remarquable travail qu’elles font dans l’ESS, en arrière plan, tandis que ce sont les hommes qui détiennent la parole.
Elle termine en remerciant Sylvie Mayer d’avoir réuni tous ces interlocuteurs qu’elle connaît individuellement, pour discuter sur les enjeux politiques de l’ESS et en en souhaitant une suite.

Stéphane Veyer

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