Changer la propriété pour dépasser le capitalisme 

Le 17 décembre 2019, l’Association des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales (APSES) a organisé un débat sur le thème « Changer la propriété pour dépasser le capitalisme ».

à partir des deux livres et leurs auteurs  :

Capital et idéologie, de Thomas Piketty, Seuil, 2019

Benoît Borrits, Au-delà de la propriété, Pour une économie des communs, La Découverte, 2018

Ce débat était animé par Guillaume Duval, éditorialiste à Alternatives Economiques.

 

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 #FSMET_2020       25 au 28 juin 2020, Barcelone

 #FSMET_2020
      25 au 28 juin 2020, Barcelone
Appel à manifestation jusqu’au 15 avril!
Inscriptions ouvertes!
Plus qu’un événement, c’est un processus de convergence international alimenté par des acteurs et mouvements  qui sont au cœur de la transition sociale  et écologique. D’ores et déjà les inscriptions sont ouvertes!
Cette mobilisation souhaite mettre en visibilité les expériences fécondes autour des Economies transformatives (Economies féministes, Agro-écologie et souveraineté alimentaire, Communs, ESS et en transversal les politiques publiques, l’éducation et  la recherche, les droits humains et sociaux).
Le FSMET aura pour finalité de construire un agenda global et inclusif d’actions et de politiques transformatrices pour changer l’économie.

D’ores et déjà, 300 organisations se sont mobilisées: réseaux ESS, mouvements environnementaux et écologiques, mouvements paysans, défenseurs des droits humains, syndicats, mouvements féministes, mouvements du monde de l’éducation, de la jeunesse, collectivités locales, monde la recherche et bien d’autres…
Pourquoi pas  une Délégation PCF groupe ESS_FSMET2020, composée de membres de la commission   et de toute structure, personnes et collectivités qui souhaiteraient enrichir les contenus et propositions d’interventions au cours de cette rencontre. Rejoignez-nous!

Visitez le site  https://join.transformadora.org/?q=fr
N’hésitez pas à nous contacter par mail ou par téléphone pour toute proposition! 

Plus d’informations ici!

L’ESS et les communistes

Dans l’éditorial de coopér’actif (la revue du groupe ESS du PCF)  de février 2019, Caroline Besse écrivait “. ..En tant que communistes et militant-e-s de l’ESS, nous savons que ses principes et valeurs en font un chemin privilégié vers le dépassement du capitalisme…”

De quoi s’agit-il plus précisément ? Nous savons que le dépassement du capitalisme ce ne sera ni « le grand soir », ni la seule prise du pouvoir par les urnes. Ce sera un changement profond de société qui devra d’abord s’appuyer sur ce qui existe déjà de façon plus ou moins ébauchée (qu’on nomme souvent le communisme déjà là), tout en le développant et en créant du nouveau.

L’ESS fait partie de ces ébauches de société communiste par les valeurs émancipatrices sur lesquelles elle repose. Parmi celles-ci, deux sont fondamentales du point de vue de l’alternative au capitalisme.

D’une part, elle privilégie la valeur d’usage sur la valeur marchande, à la fois dans ses buts -notamment au niveau des association de solidarité, dans le recours aux bénévoles, et dans la non lucrativité (ou lucrativité limitée). Les coopératives ne permettent pas de bénéfice sur les parts sociales, et obligent à mutualiser sous forme de fonds propres une partie de bénéfices.

D’autre part, elle définit un mode de gestion démocratique pour les entreprises (coopératives notamment) avec le fameux slogan issu des statuts « une personne une voix » permettant aux salariés coopérateurs d’avoir le pouvoir dans la gestion et les objectifs de l’entreprise. Évidemment, il s ‘agit là de possibles qui font donc l’objet d’une très forte lutte idéologique dont l’issue est déterminante pour faire ou pas de l’ESS du communisme déjà là. Sans compter qu’il manque encore des notions importantes pour faire de l’ESS une véritable alternative au capitalisme, notamment la remise en question de la subordination dans le cadre de l’entreprise.Il y a là un champ d’action important pour les communistes.

Les forces libérales de leur côté, ont pris conscience du danger que représente l’ESS, et mettent en place des moyens importants pour la transformer en se débarrassant précisément de ces deux aspects émancipateurs. La loi Hamon de 2014 avait déjà ouvert la brèche en introduisant la possibilité pour certaines entreprises à but lucratif de se parer du label ESS. Avec la notion d’entrepreneuriat social, de french impact, le gouvernement Macron cherche à faire disparaître l’idée de démocratie, comme de non-lucrativité au profit de celle de « mission ». Pire encore peut être, le remplacement par des appels d’offres, des subventions qui permettaient à de nombreuses associations de solidarité de vivre, remet en avant la valeur marchande et la compétition, au détriment de la valeur d’usage. Les associations devenant concurrentes pour ces missions qui sont évaluées en fonction des critères marchands des bailleurs de fonds.

Les valeurs émancipatrices sont certes loin d’être toujours mises en œuvre dans les structures de l’ESS. Les banques dites coopératives, voire certaines mutuelles, fonctionnent avec les mêmes « valeurs » que les banques capitalistes, et mettent en pratique un simulacre de démocratie. Mais cela ne doit pas masquer le fait que de multiples structures de l’ESS réussissent à mettre en œuvre ces valeurs. Certaines coopératives, parviennent à un degré important d’autogestion, la forme la plus élaborée de démocratie à l’entreprise. Dans de nombreuses structures de l’ESS, un fonctionnement écoresponsable, souvent à ancrage territorial, fait jouer à la valeur d’usage un rôle important, même si, évidemment, ces coopératives restent soumises à la « loi du marché ». On a beaucoup parlé de la Scop Ti issue de la lutte des Fralibs, mais il y en a beaucoup d’autres de plus ou moins grande taille, créées de novo ou reprises à partir entreprises capitalistes. Favoriser, partout où c’est possible l’implantation de telles structures, aider au développement de pratiques cohérentes avec les valeurs ou en empêcher la perte par la routine, sont des tâches que des municipalités communistes peuvent réaliser avec succès. Mais faire connaître et reconnaître ces valeurs dans les structures de l’ESS qui s’en sont détournées, peut devenir une tâche des communistes usagers de ces structures. Enfin faire connaître hors de l’ESS les valeurs de celle-ci et les multiples cas où elles irriguent les pratiques avec succès peut faire l’objet des préoccupation de tous les communistes. Cela permet de montrer qu’une alternative au capitalisme est non seulement souhaitable, mais qu’elle est possible dès maintenant, malgré les fortes contraintes de notre société capitaliste.

La commission ESS du PCF a entrepris un travail pour dégager une conception communiste de l’ESS qui devrait donner lieu à un manifeste aidant les communistes dans ces tâches à court terme, tout en faisant des propositions à moyen terme pour une amélioration de la mise en œuvre du communisme déjà là.

Janine Guespin et Sylvie Mayer

Présentation du livre « Virer les actionnaires, Pourquoi et comment s’en passer ? »

Mercredi 29 janvier à 19h au Lieu-Dit, 6 rue Sorbier 75020 Paris

  • Pourquoi le maintien des actionnaires était possible hier et ne l’est plus aujourd’hui ?
  • Qu’est-ce qui fait la valeur d’une entreprise ?
  • Comment assurer le financement des entreprises que les actionnaires réalisaient précédemment ?
  • Quel sera le rôle de la monnaie ?
  • Est-il possible d’engager la transformation sociale dans des économies ouvertes ?

Telles seront les questions abordées durant la présentation du livre de Benoît Borrits

Merci au Lieu-dit et à Hossein de nous accueillir dans ce bar-restaurant qui participe à l’élaboration de la pensée collective.

Quatrième de couverture :

Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Il s’est mué en machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique et sécrétant une montée générale de l’autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise.
Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu’il faut orienter le capitalisme dans le sens de l’intérêt général en repartageant les richesses.
Or, avec la baisse de la croissance, le capitalisme n’est plus en mesure d’accepter la moindre concession. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens.
Ce livre amorce un programme de transformation qui conjugue mesures sociales et écologiques et dépassement de la notion même de propriété des moyens de production.
Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques, le livre renvoie à des « tutoriels » en ligne (economie.org) qui décryptent le fonctionnement de l’entreprise, de la finance et de l’argent.

Table des matières

Introduction
1. Ne pas confondre patrimoine net et valeur de l’entreprise
2. Un capitalisme en fin de parcours ?
3. Une gauche keynésienne et redistributive
4. Quelle sortie du capitalisme ?
5. Un scénario de transition
Conclusion : un courant politique pour sortir du capitalisme

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